Le brutalisme et les enceintes en béton : l’inspiration d’un monde en changement

 

Le 7 février dernier, Aurélien Bellanger présentait sur France Inter un épisode sur le brutalisme dans son émission La conclusion. Et forcément, chez The Concrete Family, dès que ça parle de béton, on tend l’oreille ! Surtout lorsqu’il s’agit d’un style architectural, qui influence beaucoup le design de nos formes. Nous vous invitons à en apprendre un peu plus sur cette utilisation du béton dans l’architecture, avant peut-être d’aller podcaster l’émission !

L’apparition du Brutalisme dans l’architecture

Le brutalisme est un style architectural, qui a connu son apogée entre les années 1950 et les années 1970. Pour le définir en quelques mots, on peut dire qu’il est vraiment brut de décoffrage ! L’un des chefs de file de ce mouvement s’appelle… Le Corbusier ! Le fameux architecte franco-suisse a réalisé notamment dans ce style La Cité Radieuse, à Marseille, entre 1947 et 1952. Et au Royaume-Uni dans les années 1950, c’est un couple d’architectes, Alison et Peter Smithson, qui dessine les grandes lignes de ce mouvement. Ils en choisissent le nom en référence, non pas à la “brutalité”, mais à cette fameuse Cité Radieuse.  Ces deux britanniques « décrètent alors que tout bâtiment doit exposer clairement sa structure », comme l’explique aujourd’hui, l’architecte urbaniste Jacques Sriglio, spécialiste de Le Corbusier. En effet, dans le brutalisme, le béton est mis en avant, poussé dans ses retranchements sauvages et naturels. On peut trouver ces masses de béton disgracieuses, mais celui qui regarde cette architecture avec une nouvelle perspective peut aussi y voir la volonté des hommes de ne pas disparaître. Ce style est l’incarnation d’une période où il fallait bâtir vite et fort : les donneurs d’ordres voulaient construire pour durer. Pour en trouver l’origine, il faut plonger très loin de là… Et d’ailleurs, il est à noter que de nos jours, le brutalisme revient sur la scène. Son esthétique à la fois austère et brute, reconnaissable par l’usage du béton armé brut de décoffrage, revient dans l’air du temps.

Découvrez le Brutalisme en images

L’excellent site SOS Brutalism recense plus de 1 000 bâtiments en béton. Vous pourrez principalement y découvrir des constructions aux formes rectilignes, un véritable art de la ligne. Mais, et cela va peut être en surprendre certains, il y a aussi des courbes ! Vous nous direz peut-être que cela ne caractérise pas parfaitement le brutalisme. C’est vrai. Mais il s’agit pourtant de bâtiments bruts de décoffrage !

Perspective de simplicité

Josef Lehmbrock: St. Reinold, 1956C–1957 Photo: © Ekkehard Mantel

 

Posé à l’angle d’une rue

Klaus Kirsten: Rotaprint Administration Building, 1957D 1958 Photo: Martin Eberle 2013

 

En apesanteur

Denys Lasdun: Keeling House, 1957?–1960 Photo: © Tom Bell / RIBA 1959

 

Décors d’un film de Spielberg

Vissuzaine, Longuet, Rivière et Joly: Palais des Sports « La Soucoupe » (« The Saucer »), 1963?–1970 Photo: © Jean-Philippe Hugron 2015

 

Dernier clin d’oeil aux incas

Togo Murano: Tanimura Art Museum, ?–1983 Photo: © Takashi Yamauchi 2007

 

Un livre en béton, découvrez le travail de Gabor Kasza

 

Nous vous invitons aussi à découvrir le livre à la couverture en béton du photographe hongrois Gabor Kasza :

Quand le fond et la forme se rejoignent… Qu’une cohérence “parfaite” s’établit entre le thème et la conception. C’est ce que le photographe hongrois Gábor Kasza (né en 1977) a réussi à concilier entre son livre de photos “Concrete passages about closeness and coldness… and a couple of songs” sur des réalisations en béton désertées, inachevées, qui restent figées dans le temps et leur environnement, et sa couverture tout en… béton, pour un poids de 1,4 kg et une épaisseur de 4 mm.

 

 

C’était sur Indiegogo mais la campagne est terminée

Vous trouverez le lien vers son site en bas de l’article.

 

Poésie des formes

Le béton est une forme de pierre reconstituée. Alors ces bâtiments entièrement en béton peuvent s’apparenter à des montagnes façonnées par les hommes, changeant ainsi de statut. Ils ont été conçus comme des espaces utilitaires et le temps les a transformés en témoins d’une civilisation… la nôtre !

Il vous arrive certainement de passer devant des monstres de béton. Prenez un court instant pour les regarder avec empathie. Cette image nouvellement révélée, dont vous serez désormais le précieux détenteur, partagez-la avec nous via votre réseau social préféré. Et même, soyons fous, envoyez-nous cette photo par la poste ! Nous l’afficherons dans nos bureaux et sur notre moodboard. Et dans nos moments de réflexion sur la forme, nous nous tournerons vers votre image porteuse d’un invisible révélé.

N’oubliez pas de nous indiquer votre adresse postale. Nous serons ravis de vous envoyer à notre tour un petit souvenir en béton de The Concrete Family

 

Sources

https://www.franceculture.fr/emissions/la-conclusion/le-brutalisme?lipi=urn%3Ali%3Apage%3Ad_flagship3_feed%3BSScX41FNT5GYugNJx7v40w%3D%3D

http://www.sosbrutalism.org

http://www.gaborkasza.com/Y/index.php?/concrete-book/

https://www.indiegogo.com/projects/concrete-photobook-by-gabor-kasza-photography-design#/